Les Noces de l’Ombre et de la Lumière

Sous un ciel suspendu entre le rêve et la matière, l’œuvre s’élève comme un chant silencieux. Une partition d’abîmes et d’éclats, peinte non avec des couleurs, mais avec des énergies. Ici, le noir n’est pas ténèbres : il est velours, densité, mystère qui murmure. Il enlace le blanc nacré dans une valse lente, presque sacrée, où le geste devient souffle, et le silence, or.

Des gouttes d’outremer, des bruissements d’or ancien, des lueurs vertes comme des songes forestiers — tout semble éclater, se disperser, puis se rassembler dans une harmonie subtile, invisible mais souveraine. Comme si la toile retenait les vestiges d’un monde englouti, ou d’un souvenir d’étoile. Chaque trace, chaque éclaboussure, est une mémoire vivante, une empreinte du chaos apprivoisé par la main de l’artiste.

Il y a dans cette composition une force souterraine, tellurique, mais aussi une caresse infiniment douce, presque féminine. Une dualité rare, un équilibre fragile entre tempête et paix, entre instinct et précision. On y devine le souffle de l’univers, mais filtré par une conscience haute, exigeante, noble.

Ce n’est pas une œuvre qu’on regarde : c’est une œuvre qui nous regarde. Elle invite, elle défie, elle enveloppe. Elle est à la fois cri muet et prière dorée, oraison abstraite pour ceux qui savent voir avec l’âme.

Saloua Sarhiri